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Mardi 4 avril 2006
Cette conférence s'est déroulée le 5 avril 2006 au CRDP d'Orléans.
par Orain Frédéric publié dans : nouveaux-territoires
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Mardi 4 avril 2006

Introduction

 

Les nouveaux territoires sont une approche nouvelle. Bien loin des monographies. C'est ainsi que jusqu'à une période très récente, cinq années du parcours scolaire sur sept étaient strictement consacrées à cette géographie "régionale" abâtardie, c'est-à-dire pour l'essentiel celle de quelques États-nations visités à deux reprises, en collège puis en lycée. Pas de reflexion conceptuelle (donc ennui)

La géographie aujourd'hui se définit très nettement comme la science étudiant l'organisation et le fonctionnement du ou des territoires. Cette définition se révèle dominante dans les années quatre-vingt-dix.

 

 

. Le recentrage actuel de la géographie sur la notion de territoire apparaît donc comme résultant de nouvelles relations et de nouveaux échanges avec l'histoire et les autres sciences sociales.

Il ne s'agit donc plus de privilégier la description d'un État ou d'une région, mais de montrer comment un État ou un espace géographique quelconque, borné ou non, fonctionne comme objet géographique. On peut donc s'abstraire de la monographie régionale classique et utiliser divers exemples, tirés de n'importe quel lieu de la planète, pour appuyer un exemple ou une étude de cas, une démonstration de géographie générale. Mais cela suppose de se familiariser avec les nouveaux concepts qui appuient cette démarche systémique, comme ceux de territoires aréolaires (les aires) ou réticulaires (les réseaux), de distance, de gradients, de centre et de périphérie

les professeurs étant par ailleurs invités à aller chercher des cas partout où ils apparaissent pertinents pour leur démonstration. Les auteurs des programmes de géographie de ces dernières années sont partis d'une définition simple du terme, assez opératoire sur le plan didactique : le territoire est une portion d'espace géographique bornée, appropriée, administrée, aménagée. C'est donc une notion à la fois juridique, sociale et culturelle, voire affective,

 

 

 

 

 

Les termes se multiplient pour traiter de ce thème : « Territoire, Pays, Communauté » etc.

 

Territoire : notion clé des programmes. Pas évidente à cerner, car elle fait l’objet de définitions d’autant plus nombreuses que le terme recouvre différentes acceptions dans le discours géographique (cf dictionnaire de géographie dir. J. Lévy et M. Lussault, Belin 2002). Dans la géographie enseignée c’est une notion que l’on retrouve dans tout le cursus de l’élève, depuis l’école élémentaire, dans les programmes de collège (4 et 3ème surtout : l’Europe, les Etats) ; elle est abordée également en Seconde mais c’est la classe de Première (quelle que soit la série) qui est le temps de son approfondissement. Elle y occupe la place de choix, par sa portée dans la construction du savoir géographique chez l’élève, mais également par sa dimension civique : territoire proche et plus lointain, enjeux citoyens.

 

Selon le programme : « une construction sociale provisoire (et évolutive) des sociétés » « Portion d’espace délimitée et nommée par une société ou par un groupe, support d’une identité collective, produit de pouvoir, délimité par des frontières ou des limites. Espace approprié et géré par des collectivités humaines qui lui affectent des usages, des activités et l’aménagent en fonction de leurs besoins. Il peut aussi s’apparenter à un espace de relations et d’échanges nombreux, qui en tissant des réseaux denses, forment un territoire aux contours plus flous et plus mobiles. »  

 

 

Le terme de  « Pays » a une connotation ancienne, mais ne concorde pas avec les anciens pays « pagus » carolingien autour d’une ville. Il sont définis par une spécificité naturelle (géologique), économique (petites régions agricoles, district industriel (vallée de l’Arve, pays horloger) ou culturelle.

Aujourd’hui le terme de « Pays » est en fait un territoire combinant identité et projet, constitué sur les assemblages de  bassins de vie ou de bassin d’emploi défini par une solidarité entre sa ville et sa campagne, par une cohésion géographique économique, culturelle  et sociale ; le pays doit être un « territoire pertinent » (cf discours DATAR). L’Etat  veut avoir à constater des pays et non à les décréter.

 

Les territoires bougent donc avec notre société. Et la période actuelle est propice à de nombreux changement au niveau des territoires qui paraissent parfois contradictoires.

 

Ex : Mondialisation d’un côté, élargissement de l’Union Européenne etc. et une multiplication des échelles de pouvoir de l’autre (communautés de communes, département, région, Etat, UE avec le FEDER etc.)

 

Cela entraîne des confusions chez les citoyens (qui fait quoi ?), l’impression d’être dépassé et de ne pouvoir s’impliquer dans les choix de société. Cette confusion est peut être encore plus forte chez les élèves. Qui reprennent les erreurs de leur parents en y ajoutant parfois un rejet du système et donc de ses composantes.

 

Pourtant, ces notions de territoires les nouveaux pouvoirs qui l’accompagnent prennent de plus en plus de places dans les programmes…

par Orain Frédéric publié dans : nouveaux-territoires
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Mardi 4 avril 2006

Partie I : La notion de territoire dans les programmes de collèges et lycées

par Orain Frédéric publié dans : nouveaux-territoires
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Mardi 4 avril 2006

A : L’appropriation du territoire, l’exemple de la région

 

 

1 La prise en compte du temps

 

On s’approprie un territoire en fonction de son épaisseur historique (depuis quand existe-t-il ?) mais aussi en fonction de ceux qui l’ont créé ou ont agit à l’intérieur de celui-ci. Les Bretons de Loire -Atlantique mettent ainsi en avant la Duchesse Anne qui avait Nantes comme capitale de la Bretagne pour exprimer leur attachement à une région qui n’est plus la leur (la Loire-atlantique faisant partie des pays de la loire). Cet attachement pour Anne de Bretagne est d’ailleurs paradoxal puisque c’est grâce (ou à cause) de son mariage que la Bretagne a été rattachée à la France.

 

2- Les modalités de l’appropriation

 

Ce qui paraît évident, c’est que de nombreux territoires n’ont pas été ressenti encore concrètement par les citoyens, d’où une impression de territoire « artificiel ». Voire une méconnaissance complète de ce territoire. De nombreux élèves confondent ainsi le département et la région ! Un habitant de Haute Savoie se sentira certainement plus comme un savoyard que comme un habitant de la région Rhône-alpes. Idem pour un Beauceron ou un Solognot par rapport à la région Centre. Le simple fait qu’il n’y ait pas d’appellation pour appeler les habitants de ces régions est révélateur (Rhône-Alpins ? ligérien pour les habitants du bord de Loire est revendiqué par deux régions.). Il n’y a pas de nécessité de la part des habitants de se nommer comme membre de ces régions. (hors régions « historiques » comme la Bretagne ou l’Alsace.  Ce qui pose des problèmes avec des régions transfrontalières comme la Catalogne ou le pays basque)

 

 3- La réflexion sur les limites des territoires

 

Il est à noter d’ailleurs que dans les programmes de collège on demande aux élèves de connaître toutes les régions françaises (y compris les D.O.M) alors que le programme de 4ème découpe la France en 6 zones contestables et floues:

 

-          Le Nord et l’Est

-          Paris, l’île de France et le bassin Parisien

-          L’Ouest Atlantique

-          La région Lyonnaise

-          Les Midis

-          Les DOM TOM

 

Ces limites géographiques ne paraissent donc pas encore figées. Ainsi la Haute et la Basse Normandie souhaitent une fusion. De son côté le Languedoc-Roussilon à vu son appellation de Septimanie rejetée encore récemment par exemple. Une recherche de profondeur historique (rassembler Catalogne et Languedoc) marque aussi un manque.

 

 

 - La région existe en tant que collectivité territoriale depuis plusieurs décennies (lois de décentralisation de 1982 et collectivités territoriales en 1986). Mais elle monte en puissance dans le cadre de l’Union européenne ; elle a renforcé son poids en tant qu’acteur ayant force de décision. Il faut voir  la régionalisation comme une tendance européenne aux déclinaisons multiples, qui s’approfondit à des rythmes variés selon les Etats de l’UE. Des liens croissants entre l’Europe et les régions se tissent qui s’analysent à travers deux discours :

 

-         Celui des responsables européens : l’Europe à construire est celle des régions + que des Etats, elles sont le lieu de l’intervention, des procédures d’aide et d’harmonisation. (Cf La réforme des fds structurels de 1988 qui amplifie la politique régionale (amorcée par le FEDER) et régionalise les objectifs économiques.  La création d’un Comité des régions avec Maastricht.)

 

-          Celui des responsables régionaux, pour lesquels l’Europe est un levier institutionnel et financier dans un possible « évitement de l’Etat ». En s’associant avec les régions voisines, elles visent à entraîner des dynamiques transfrontalières actives. L’émergence d’un niveau supranational d’action régionale (dans le cadre de l’UE) est concomitante de la période de décentralisation ; les collectivités territoriales ont saisi cette opportunité pour obtenir leur part de la manne financière mais aussi pour former un couple Région-Europe en une période de repli relatif de l’Aménagement étatique du territoire.

 

       Cependant, l’élargissement européen conduit à développer des concurrences entre les régions et la   recherche de créneaux régionaux pour obtenir des subventions  nationales et européennes

par Orain Frédéric publié dans : nouveaux-territoires
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Mardi 4 avril 2006

 

B : Les acteurs

 

Un des objectifs prioritaire en collège comme en lycée reste de pouvoirs différencier les différents acteurs liés au développement des nouveaux territoires. Ces nouveaux ensembles (UE, Etat, région, département, communauté de communes) ont souvent des hiérarchies complexes et des pouvoirs qui entrelacés. C’est pourquoi une typologie pourrait être plus efficace que l’utilisation de schémas par exemple. On pourrait ainsi distinguer 3 types d’acteurs :

 

-          1 : Les acteurs politiques sont nombreux et n’ont pas toujours la légitimité d’une élection au suffrage universel (comme dans les communautés de communes)

-          2 : Les acteurs économiques (grandes entreprises et leurs bassins d’emplois) qui sont parfois l’image d’un pays (comme Michelin à Clermont Ferrand)

-          3 : Les acteurs sociaux économiques : le poids de certaines villes influencent le développement des régions environnantes (comme en région parisienne)

 

-          Cela entraîne inévitablement des conflits d’intérêts . C’est un point à valoriser car il  est plus facilement compréhensible par les élèves. Ce qui est bon pour un département n’est pas forcément bon pour une région (Route Vendome-Blois) ou l’inverse (A19 dans le Loiret) Par exemple prendre la situation entre rurbains (pourquoi s’installent-ils en campagne, quels sont leurs besoins…. Et les ruraux (mode de vie et besoin). Cela permet de classer alors les points de friction possible. Epandages en campagnes, chasse le dimanche ou le mercredi etc.).

par Orain Frédéric publié dans : nouveaux-territoires
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